Art et langue
L'île comme muse
Sercq a toujours été l'île des artistes, artisans, excentriques et bohèmes au fil des siècles. De William Turner, dont le dessin de La Coupée d'environ 1832 est exposé au musée de la Tate à Londres, aux nombreux artistes, écrivains et photographes contemporains qui visitent l'île pour y puiser l'inspiration, Sercq a été le refuge et la muse de nombreux grands noms créatifs.
Parmi les artistes les plus connus, l’île compte William Arthur Toplis, qui fut si captivé par Sercq lors d’un séjour en 1833 qu'il ne la quitta plus, produisant une collection de peintures et de dessins extraordinaires. Un certain Victor Hugo, qui séjourna à l'hôtel Dixcart lors de son exil dans les îles aux années 1850, décrivit l'île comme « une sorte de château de fées, rempli de merveilles ». C’est à Sercq que "L'Homme-Océan" trouva l'inspiration pour Les Travailleurs de la mer et introduira le mot "pieuvre" du sercquais en langue française pour toujours. Plus tard, Mervyn Peake, romancier, poète et artiste de renom, rejoignit le groupe artistique bohème de Sercq dans les années 1930 et y passa de nombreuses années. Il était si amoureux de Sercq qu'il y retourna vivre avec sa jeune famille dans les années 1950.
En 2011, Sercq a accueilli le projet du 20ᵉ anniversaire de la Fondation Artists for Nature. À cette occasion, un groupe d'écrivains, d'artistes, de musiciens et de cinéastes de renom s'est rendu sur l'île afin d'en immortaliser la beauté et la diversité à une époque où son mode de vie, sa faune et sa flore subissaient une intense pression en raison de changements rapides.
Aujourd'hui, le milieu artistique continue de vibrer. La galerie d'art et le musée de Sark, ainsi que le collectif Creative Sark, offrent la possibilité de participer à des projets artistiques communautaires, d'assister à des ateliers et d'acheter des œuvres d'art locales.
La scène musicale ocalel est également en plein essor avec des soirées jam et de la musique live locale.


"Bon jur! Cume ci'k t 'e?"
'Bonjour comment allez-vous?'
Le sercquiais, également appelé le français de Sercq, sertchais, le « patois de Sercq » ou sarkese en anglais, est une version du français normand, dérivée à l'origine du jèrriais, car le Sercq moderne a été colonisé et peuplé par des familles de Jersey en 1565 et influencé par le guernésiais par la proximité de l'île voisine de Guernesey.
Parmi le très peu d'exemples écrits de sercquais, le plus ancien enregistré soit la parabole du semeur de l'Évangile de Matthieu, écrite par le linguiste prince Louis Lucien Bonaparte, qui visita Sercq en 1862 pour transcrire des variétés de langues insulaires.
Aujourd'hui, le sercquiais est considéré parmi les versions du normand les plus archaïques. Toujours vivantes mais menacées de disparition, il reste omniprésent dans les noms des maisons, des rues et des monuments de Sercq. Pour nous aider à préserver notre langue menacée, le linguiste Martin Neudörfl travaille actuellement avec la poignée d'habitants autochtones et l'école de Sercq.





